L’Avent prépare le mystère de Noël, le temps sublime pour plus d’être, qui chante la descente de Dieu dans l’humanité des hommes. Ce temps est placé sous le signe des questionnements. Il signifie le retour vers l’enfance, un temps de régénération pour la belle saison. Les anciens de mon village le symbolisaient à travers le mythe des arbres au début du printemps. Ils racontaient qu’à l’occasion, “Nzambi Mpungu” (entendez Dieu créateur) descend dans son jardin insuffler à tous les arbres l’énergie vitale pour attendre la belle saison. À cette occasion, tous les arbres rivalisent d’ardeur à soigner leur acabit, chacun revisitant son parcours et soignant ses contours.

Certains arbres ont une vie éphémère ; d’autres vivent longtemps. Les plus anciens sont les plus sollicités. Normal. Ils ont plus vécu. Les jeunes veulent apprendre d’eux comment ils ont fait pour tenir jusque-là. Entre la rudesse des temps, l’invasion d’espèces envahissantes (il est clair et net que la nature nous impose de nos jours de nouvelles donnes, avec des accents non encore imaginés) et les activités de l’homme, comment vivre à pleines mains ce moment tant attendu où tout arbre se parera de son meilleur habit. Les anciens font savoir que les menaces à la nature sont de l’ordre du quotidien. On ne craint pas seulement une tempête ou un ouragan, le moindre vent aussi peut aussi détruire un arbre, quel qu’il soit, tout comme la foudre, tout comme le petit termite. Chaque jour a son lot de préoccupations et de joie. Le tableau n’est toujours pas simple à peindre. Est-ce à une caricature de chaque arbre ou de tous les arbres que les anciens invitent ? Ce qui est sûr, c’est que chaque arbre prend du chemin. Il part de son expérience, de son vécu. Il y va de son avenir. Le bonheur est à l’autre bout de la saison. Les anciens soulignent la nécessité du risque de la marche, dans la confiance, en faisant équipe. Un travail personnel en profondeur est largement recommandé.

Nombreux parmi les humains dégagent ici un joli prétexte pour trouver du temps de se ressourcer spirituellement une semaine à la paroisse. Cela se dit “Lugambuku” (lire : lougamboukou) qui veut dire : temps de retraite spirituelle. Le psalmiste chanterait l’amour et le salut !

Noël reste une affaire de famille, autour des anciens. L’Avent en ouvre les portes.

José N.

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