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Journée internationale de la fraternité humaine du 4 février

Le 4 février 2019 à Abou Dhabi, le pape François et le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed el-Tayeb, ont signé un texte historique intitulé « La fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune ». Ce texte dépasse les simples relations entre le christianisme et l’islam. Son écho sera tel sur la scène internationale qu’en décembre 2020, l’Assemblée générale de l’ONU proclamera le 4 février Journée internationale de la fraternité humaine

Une déclaration historique

Le Pape François et le grand Imam d’Al-Azhar Ahmed el-Tayeb se rencontrent à Abou Dhabi, parlent de paix, de liberté religieuse et des droits des femmes. Ils formulent une forte condamnation du terrorisme et de la violence. Cette déclaration s’adresse :

« à nous-mêmes, et aux dirigeants du monde,
aux artisans de la politique internationale et de l’économie mondiale,
(pour) s’engager sérieusement à répandre la culture de la tolérance,
de la cohabitation et de la paix ;
(pour) intervenir le plus rapidement possible pour arrêter
l’effusion de sang innocent et mettre fin aux guerres, aux conflits,
à la dégradation de l’environnement et au déclin culturel et moral
que vit actuellement le monde. »

Trois recommandations principales :
– diffuser des valeurs de paix et de justice ;
– ne pas exploiter les religions pour la violence ;
– lutter contre le terrorisme.
Tout d’abord, les deux chefs religieux demandent aux hommes de religion et de culture, ainsi qu’aux médias, de redécouvrir et de diffuser « les valeurs de paix, de justice, de bonté, de beauté, de fraternité humaine et de coexistence commune ». Et ils affirment croire « fermement que parmi les causes les plus importantes de la crise du monde moderne, on trouve une conscience humaine anesthésiée, l’aliénation des valeurs religieuses, ainsi que la domination de l’individualisme et des philosophies matérialistes ».

Ensuite, le pape François et l’imam Ahmed el-Tayeb condamnent ceux qui font la guerre au nom
de Dieu : « Dieu, le Tout-Puissant, n’a besoin d’être défendu par personne et ne veut pas que
son nom soit utilisé pour terroriser les gens. »
Pour eux, « la liberté est un droit de chaque personne : chacun jouit de la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action. Le pluralisme et la diversité des religions, des couleurs, du sexe, de la race et de la langue sont une sage volonté divine. » Ils définissent comme un « besoin indispensable » la reconnaissance du droit des femmes à l’éducation, au travail et à l’exercice de leurs droits politiques et réaffirment le droit des enfants à grandir dans un environnement familial, leur droit à l’alimentation et à l’éducation. « Toute violation de leur enfance est un crime. » 
Enfin, pour lutter contre le terrorisme « exécrable », il est nécessaire de « cesser de soutenir les mouvements terroristes à travers le financement, la fourniture d’armes… voire même une couverture médiatique, et de considérer tout cela comme un crime international menaçant la sécurité et la paix dans le monde. »

L’ONU prend le relais

Drapeau Onu
Drapeau de l’ONU

De longue date, l’ONU sensibilise aux différentes cultures, religions, convictions et souligne le rôle important de l’éducation dans la promotion de la tolérance. En 1999, l’Assemblée générale a adopté, par sa résolution 53/243, « la Déclaration et le Programme d’action… pour promouvoir une culture de la paix et de non-violence qui profite à toute l’humanité, y compris aux générations futures. » Cette déclaration est le résultat d’une conviction contenue dans le préambule de l’Acte constitutif de l’UNESCO selon laquelle « les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ». La déclaration rappelle qu’ « il importe de respecter et de comprendre la diversité religieuse et culturelle dans le monde, de promouvoir le dialogue entre les religions et les cultures, la négociation à l’affrontement, et de s’entraider. » La prolifération des attentats et des guerres au début du XXIe siècle amène l’ONU à des prises de position plus radicales. Ainsi, le 20 octobre 2010, la résolution 65/5 stipule « combien la compréhension mutuelle et le dialogue entre les religions constituent des volets importants de la culture de paix. » 

L’Assemblée générale proclame ainsi, dans l’élan de la Déclaration d’Abou Dhabi de l’année précédente, « la Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle, célébrée la première semaine de février de chaque année comme moyen de promouvoir l’harmonie entre toutes les religions, croyances et confessions. »

La journée internationale du 4 février 2024

Cette journée représente une occasion de plus de s’informer sur un sujet d’actualité brûlante et de se donner, d’imaginer des moyens d’agir par des actions citoyennes : à chaque pays, la liberté d’initiative pour l’organisation de cet évènement. En France, certaines municipalités inscrivent cet engagement dans un vaste projet depuis de nombreuses années. Ainsi, la commune de Bussy-Saint-Georges, dès les années 2000, a mis en chantier une Esplanade des Religions et des Cultures[1]http://esplanade-religions-cultures.org/ qui rassemble sur un même espace des lieux de culte où « juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes laotiens, hindous se côtoient quotidiennement pour partager la même devise qui est “le faire-ensemble et faire savoir“ ». 

Bussy Pagode
Pagode de Bussy-Saint-Georges, photo JM Noirot
Eglise Notre Dame Du Val A Bussy Saint Georges
église Notre-Dame du Val à Bussy-Saint-Georges,
photo JM Noirot

À Paris, l’Institut de Science et de Théologie des Religions de l’Institut Catholique de Paris – l’ISTR – organise le 6 février une rencontre autour du « Document sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune », dite Déclaration d’Abou Dhabi [2]Pour inscription : 

https://www.icp.fr/a-propos-de-licp/agenda/la-fraternite-humaine-un-espoir-pour-la-paix-dans-le-monde

.
Pour sa part, la Coordination INterconvictionnelle de grand PAris, la CINPA, propose de rejoindre les différents évènements initiés par les associations adhérentes.
Ces différents événements sont :

« autant d’appels à toute conscience vivante
qui rejette la violence aberrante et l’extrémisme aveugle…
et d’invitations à la réconciliation et à la fraternité entre tous les croyants,
ainsi qu’entre les croyants et les non-croyants, 
et entre toutes les personnes de bonne volonté . » 

www.journee-mondiale.com/652/journee-internationale-de-la-fraternite-humaine.htm

Jean-Marc Noirot

CategoriesInterreligieux

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