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S’attaquer à l’esprit, c’est la mort de l’homme !

C’est une lecture du « blasphème contre l’Esprit » comme atteinte à la force de vie, de liberté et de conscience présente en chaque être humain. Étouffer cet esprit intérieur, c’est porter atteinte au plus précieux en l’homme. Face à toutes les dérives, il nous faut préserver cette force de résistance, de création et d’amour qui conduit vers la vérité. La chronique de Jean-Luc Lecat

L’évangéliste Luc fait dire à Jésus : « Quiconque dira une parole contre le fils de l’homme, cela lui sera remis, mais qui aura blasphémé contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné. » Luc 12, 10

Cette double affirmation entendue en ce temps de Pentecôte, indépendamment même de toute interprétation théologique, me paraît très forte : selon Jésus, d’après Luc, dire des mots agressifs, injustes ou même négationnistes, contre lui Jésus : ce n’est pas dramatique, ce n’est pas impardonnable… Par contre, ajoute-t-il, une parole ou une action contre l’esprit, force de vie en nous, c’est indéfendable, mortifère, inadmissible.

Dénoncer les attaques contre l’esprit comme un délit impardonnable, une faute contre l’humanité, me semble aujourd’hui un rappel infiniment utile au regard de nos fascinations contemporaines, tant devant les immenses progrès scientifiques, techniques, et la déferlante de l’IA, que face aux dérives identitaires et autoritaires, et à leurs prétentions sans limite à vouloir maîtriser l’humain !…

Photo B. Capit

J’entends, comme une nécessité vitale, et une grande urgence de privilégier, en chacun, l’écoute de l’esprit intérieur, force de vie en nous.

Si caché, si impalpable, si écrasé soit-il, l’esprit en nous est ce qui permet de dire oui ou non, ce qui donne la force d’avancer, de créer, d’aimer…

L’esprit, ce pouvoir intime et irréductible manifesté par les résistants de toutes les causes.

L’esprit, menace et danger aux yeux des pouvoirs qui voudraient tout régenter, du plus petit pouvoir domestique jusqu’au pouvoir d’État, en passant par tous les pouvoirs intermédiaires… L’esprit, force de vie intérieure en nous, devient l’opposant, l’ennemi, à canaliser, museler ou même interdire.
Et pour moi, aujourd’hui, c’est là que je vois un vrai déni. Parler de blasphème contre l’esprit prend toute sa force.

S’attribuer pouvoir sur l’expression de l’esprit chez une personne, faire comme si l’humain n’était que simple rouage d’un ensemble plus vaste, ou mépriser ce qu’il cherche à dire, est un abus de pouvoir inacceptable.


Des millions de femmes et d’hommes, de tous les temps, ont crié et crient, au mépris de leur tranquillité, de leur sécurité, de leur vie même, que l’esprit, en la personne humaine, résiste à tout anéantissement.

Esprit de résistance – Photo de Shox sur Pexels


Vouloir dominer l’esprit ou même chercher à l’anéantir, c’est tuer la personne humaine, c’est renoncer à notre richesse la plus profonde, la seule qui puisse sauver l’humanité. C’est impardonnable.

C’est ainsi que j’entends, pour ma part, les paroles mises dans la bouche de Jésus par Luc : « celui qui aura blasphémé contre l’esprit, cela ne sera pas remis. »
Affirmation absolue de l’importance et du prix de l’esprit présent en chaque personne, quels que soient son sexe et son orientation sexuelle, sa couleur de peau, ses capacités mentales, son âge, son histoire…


« L’esprit vous conduira dans la vérité tout entière »

Jean 16, 13

a promis Jésus avant sa mise à mort !

15 mai 2026

Jean-Luc Lecat

Ordonné prêtre en 1964, professeur de philo pendant huit ans, dix ans vicaire en banlieue et simultanément au travail trois ans à l’hôpital APHP Hôpitaux de Paris, puis marié, non "réduit à l’état laïc ", et vingt ans responsable de formation du personnel ouvrier à l'APHP. Retraité, père et grand-père, il participe depuis plus de 40 ans à la communauté de Saint-Merry.

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