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Témoignages. Une Parole qui s’échange

La première fois que j’ai participé à la célébration de 11h15, j’ai pleuré de joie. J’étais arrivée chez moi. Richesse du partage de la Parole, beauté des chants et de l’orgue, simplicité si belle de la liturgie eucharistique, engagement auprès de tous les exclus de notre société… C’est à Saint-Merry que j’ai fait l’expérience de la beauté de l’eucharistie : beauté de ce déplacement communautaire vers la table du Seigneur, beauté de cette prière eucharistique chaque fois retravaillée par le célébrant, beauté de cette assemblée réunie autour de la table eucharistique, laïcs et prêtres mêlés, à l’image des apôtres le jour de la Cène.
Avec la disparition du CPHB, c’est un visage de l’Église (et donc du Christ ?) qui disparaît, visage auquel j’étais profondément attachée. Même après mon départ du centre pastoral pour cause de déménagement, il m’était important de savoir que le CPHB continuait de célébrer à sa manière si belle et d’expérimenter une autre manière de faire Église. L’existence de Saint-Merry m’aidait à trouver ma place dans l’Église. Je suis en deuil aujourd’hui. 

Myriam Filippi

J’habite Marseille et suis de passage à Paris une fois par mois. C’est une joie intense de savoir que je peux à Saint-Merry me ressourcer de la présence de chrétiens vivant un Évangile qui questionne et dialogue en première ligne avec le monde contemporain. Chaque eucharistie est neuve, préparée au sur-mesure, et elle nous implique dans tout notre être. Il me semble grave qu’un évêque sanctionne sans prendre la peine de dialoguer. Qu’aurait fait Jésus en pareille situation ?

Agnès Charlemagne

Saint Merry est un lieu où la foi
se réveille.

Caroline Chariot-Dayez

Habitant et paroissien de Noisy-le-Grand (93160), je tiens à conserver cet ancrage local dans le monde catholique, même si je n’y suis pas très actif. Je ne fréquente le Centre pastoral et sa célébration du dimanche 11h15 qu’occasionnellement, mais j’y trouve une nourriture spirituelle et un climat précieux et vivifiants. C’est un repère et le signe de l’ouverture de l’Église sur le monde contemporain. Perdre ce repère signifierait que cette ouverture à laquelle je suis si attaché disparaît dans ce lieu emblématique et porteur d’espérance.

Pierre Cagnot

Je voudrais partager un merci pour moi-même, arrivant sur Paris après avoir fait le choix de m’écarter temporairement de fonctions pastorales qui ont absorbé totalement une vingtaine d’années de ma vie. Engagé dans une action associative qui m’a passionné et a encore absorbé temps et énergie, le temporaire dure depuis 2003… J’ai pu vivre ce passage grâce à la communauté de Saint-Merry, par des temps partagés, par la célébration dominicale : j’ai trouvé là la nourriture nécessaire à ma vie. J’avais tenté en arrivant sur Paris de rejoindre une paroisse « normale » résistant un temps à rejoindre une communauté d’élection, je n’ai pas pu tenir dans ce choix. J’ai pu grâce à vous passer des caps, la Parole qui s’échange, qui se vit dans des actes m’a permis de poursuivre mon chemin. L’Esprit souffle par les portes ouvertes, il m’a guidé car il passait entre parole, silence, expositions, partages, entre nous…

Jean-Louis Wathy

Au Centre Pastoral Saint-Merry j’ai ressenti la beauté du message biblique transmis par des personnes engagées dans le respect des différences et la recherche d’un monde plus humain, tout simplement. La musique, les arts ont, grâce aux engagements exceptionnels des membres de cette communauté, vivifié la très belle église Saint-Merry. La parole des prêtres relayée par celle des fidèles les plus engagés m’a aidée personnellement. Je souhaite que ces voix plus sensibles au besoin de spiritualité de notre temps puissent très vite se faire entendre pour que l’Église reste à l’écoute de tous au cœur de Paris. Leur capacité de dialogue ne peut être rejetée.

Jacqueline Boyer-Stanic

J’ai ressenti la beauté du message biblique transmis par des personnes engagées dans le respect des différences
et la recherche d’un monde
plus humain

Jacqueline B-S

J’ai participé à la célébration à Saint-Merry lors de la COP 21. La célébration était remarquable. Le pape François dans Querida Amazonia insiste sur l’inculturation et regrette que cela n’avance guère ! Je crois que ce n’est pas en fermant Saint-Merry qu’on va stimuler l’imagination dans l’Église. Le cardinal Alfrinck disait à propos de l’Église de Hollande : « nous sommes une Église en recherche et dans la recherche on procède par essais et erreur, mais on avance ».

Etienne Maayence
Nappe de la fraternité

Ce qui m’a marqué au CPHB :
– Une des premières messes à laquelle j’ai participé et au cours de laquelle nous avions tourné nos chaises pour échanger avec nos voisins. J’ai découvert avec bonheur qu’on pouvait s’exprimer pendant une messe et aussi faire des rencontres mêmes éphémères. 
– Les déplacements au cours de la messe, occasion de se saluer tout simplement.
– J’ai pu rencontrer des familles différentes de celles que je connaissais en animant le catéchisme. Des rencontres sources d’enrichissement qui se sont faites naturellement grâce à l’existence même de cette communauté ouverte. Je me suis senti tout à fait accueilli lorsque j’ai proposé d’animer le catéchisme. 
Si j’ai eu parfois une impression de village gaulois retranché, j’ai surtout pensé que le fait d’être effectivement un peu aux marges de l’institution nécessitait en soi beaucoup d’énergie.

Olivier Saulpic

Ordonné prêtre en 1970, je me suis rapidement rendu compte du décalage grandissant entre les discours ainsi que les rites de l’Église et mes contemporains (moi y compris). Je disais d’ailleurs souvent que je « n’irais pas à mes propres messes » là où nous « prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église pour la gloire de Dieu et le salut du monde ! ». Non parce que je n’étais pas suffisamment formé et initié mais parce que je percevais que cela ne parlait plus à la grande majorité des mes contemporains. Pire, il y avait distorsion entre le rite et ce qu’il voulait signifier : consommer individuellement de la présence réelle alors que pour moi, c’est le partage fraternel qui fait de nous le corps du Christ…

Alain Henry de Hassonville, Belgique

C’est un lieu d’accueil pour tous ceux qui ne trouvent pas leur place dans l’Église.

Anne René-Bazin

Saint-Merry est précieux pour mon mari et moi qui nous y sommes rencontrés. De plus si je suis encore dans l’Église c’est grâce à Saint-Merry. Que deviendrons-nous sans le CPHB ? Nous avons besoin d’une Église qui réveille et qui agit comme Jésus est allé au-devant des plus petits et comme Saint-Merry le fait depuis tant d’années.
Continuons le chemin tracé par l’Évangile sans baisser les bras.

Djevelekova

Comme beaucoup d’entre nous je suis profondément ébranlée par les événements qui affectent notre communauté. Exposée cet été à Saint-Merry, « Cyanotype – Célébrer la Cène au 24e jour de confinement » prend aujourd’hui une résonnance particulière. Damien et moi avons réalisé cette photographie au cyanotype sur une toile de 5m de long alors que les lieux de culte étaient fermés. Photo-graphier, c’est écrire avec la lumière, ce cyanotype est l’empreinte lumineuse de cette table dressée dans la lumière du Jeudi Saint 2020. Les assiettes et la coupe ont été enlevés et révèlent leur trace lumineuse. Aujourd’hui la communauté ne peut plus célébrer l’Eucharistie, mais il reste sur cette nappe la trace bien vivante de ce qui se partage depuis 45 années à Saint-Merry.

Pascale Peyret
Pascale Peyret, Cyanotype – Célébrer la Cène au 24e jour de confinement, 2020

Après avoir enfin trouvé une forme de célébration dans laquelle je me retrouvais il y a 33 ans lors de mon arrivée à Paris, je n’ai cessé de fréquenter cette église qui m’a très bien accueillie et dont les chrétiens me semblaient dynamiques, ouverts et innovants. J’ai pu me recentrer en vérité et y découvrir l’évangile à la lumière de ma vie actuelle grâce aux commentaires éclairés de ses membres. Je peux dire que ce ressourcement dominical m’a portée ainsi que diverses activités pour les autres : accueil musical au départ, groupe chant, accueil dans l’église avec des créations contemporaines d’artistes vivants aujourd’hui dans différentes disciplines. Pour moi, Saint-Merry est un îlot vivifiant de pratique de ma religion en lien avec mes aspirations chrétiennes, c’est à dire l’évangile dans la ville et dans ma vie actuelle.

Isabelle Guiheneuc

Saint-Merry est ma bouffée d’oxygène.

Bernadette Catrice

Faire vivre notre foi dans la cité aujourd’hui est un défi. Pour le relever l’Église ne peut se réduire à une institution elle doit accepter la richesse de sa diversité créatrice.

Philippe Segretain

Le message du Christ est l’accueil de tous, l’attention à chacun.
L’Église ne peut donc être que multi visage et multi langage,
lorsque la Bonne Nouvelle est centrale ; confiance et espérance. 

Brigitte Aubrée
Hugo Verlinde, Quarante jours dans le désert
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