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Garouste et la Samaritaine

On trouve tout dans les Samaritaines ! De nombreux artistes, notamment à partir du XVIIe en France, ont peint la rencontre entre Jésus et la Samaritaine. Et voici qu’en 2020, Gérard Garouste en a peint trois. Truculent, décalé, soulevant la question des interprétations. La chronique de Jean Deuzèmes.

La Samaritaine en 2021 : au croisement de conjonctions bizarres

Il est fort probable que, pour la plupart de nos contemporains, la Samaritaine évoque avant tout le fameux magasin construit en 1910,  sur le bord de Seine, qui va réouvrir en mai 2021.

Bien avant sa construction, dans les années 1880, son architecte Frantz Jourdain avait déjà imaginé spécialement  pour Zola un projet de « cathédrale du commerce moderne » qui servit de cadre au grand roman « Au Bonheur des Dames ». Fleuron de l’art nouveau destiné à tous, cette cathédrale va renaître comme temple du luxe, après moult débats architecturaux et politiques (Lire l’article de connaissance des arts).

Or en mars 2021, dans une nouvelle exposition passionnante à la Galerie Templon, « Correspondances »  de Gérard Garouste – Marc-Alain Ouaknin, on découvre trois tableaux du grand peintre français, né en 1946, ainsi que des dessins sur un sujet très connu :  la rencontre entre Jésus et la Samaritaine. Serait-ce un effet de mode ou une curieuse coïncidence ?

Tout est énigmatique  dans  l’exposition : la situations des personnages, les multiples symboles, les animaux et les lieux, le mélange des époques, la variété des tailles des tableaux, et bien sûr les manières de peindre qui tiennent du classique, du figuratif, de l’abstraction. L’étrangeté est levée par le film qui conclut l’expo : celle-ci est le résultat du débat contradictoire mené durant trois ans par le peintre et  le maître et ami, le philosophe Marc-Alain Ouaknin, autour des textes de Kafka.

Gérard Garouste, Le banquet, 2021, Triptyque, 300×811 cm

Mais pourquoi la Samaritaine au milieu de tant de références au Talmud et à la Kabbale ? Il n’y a probablement pas de référence au personnage de l’évangile dans les contes de l’auteur de la Métamorphose et ce n’est pas la méditation de saint Jean par Garouste qui est à l’origine de ces trois représentations.

Mais bien plutôt, le célèbre magasin parisien, et plus encore ce qui est à ses pieds : le Pont Neuf et son histoire auxquels sont liées des représentations de la Samaritaine (cf. le Pont-Neuf enveloppé par Christo et Jeanne Claude, 1985). Le peintre a traité le sujet en exploitant une méthode de la grande tradition du judaïsme : les jeux de langage menés à deux, typiques de la Kabbale.

Les toiles n’ont pas qu’un intérêt formel, elles permettent d’entrer dans le cheminement – probable – de création d’un artiste qui, après avoir abordé frontalement Don Quichotte ou Dante, plonge dans l’univers de Kafka en multipliant les références à d’autres auteurs juifs fascinés par l’écrivain tchèque. Le visiteur est plongé, lui, dans une situation compliquée dont tirer les fils est un exercice ouvrant sur des découvertes joyeuses.

Aussi, pour tenter de cerner l’incongruité de ces trois tableaux, de les « décoder » partiellement et de les goûter, il faut suivre un cheminement tortueux à l’image de ceux que le peintre aime à dessiner et sur lesquels il fixe des récits hassidiques souvent énigmatiques, avec des ânes, des oies, des pies, etc.).

La Samaritaine et ses codes dans la peinture classique

La représentation de la Samaritaine est très ancienne en peinture, et se retrouve aussi dans des vitraux : depuis ceux de la cathédrale de Strasbourg , datés de 1328, jusqu’à ceux que Gérard Garouste a dessinés de manière sobre pour Notre-Dame-de-Talant en 1998. Le sujet devient fréquent à partir du XVIIe dans la décoration des églises. La sensibilité religieuse de l’époque y est pour beaucoup et croise l’inspiration des artistes qui, eux, ont été attirés par le caractère narratif d’un récit propice à l’arrêt sur image et riche d’une symbolique simple d’accès.

Les églises des centres-villes abritent nombre de très beaux exemplaires classiques notamment lorsqu’elles sont riches du Grand siècle de l’art et ont bénéficié de transferts d’œuvres, ainsi à Paris : Saint-Merry[2], Saint Gilles-Saint-Leu, Notre-Dame de la Nativité. Les musées en conservent beaucoup aussi.

Le sujet, uniquement rapporté par saint Jean dans son évangile, est bien connu : la rencontre entre Jésus et une femme dont la pratique religieuse est méprisée de l’orthodoxie juive qui doit répondre au besoin humain de ce juif inconnu d’elle, boire. Le dialogue se déplace rapidement sur le spirituel : Jésus lui propose de boire à sa parole. L’eau, comme thème signifiant, ouvre sur l’amour de Dieu, est un vecteur de pardon et de salut, permet de passer du prosaïque à la transcendance.

Dans ce dialogue, l’apôtre construit toute une théologie. Le moment et l’intensité de la rencontre ne pouvaient qu’intéresser le nouveau mouvement de spiritualité  de l’Église du XVIIe (Pierre de Bérulle, Jean-Jacques Olier, mais aussi saint Vincent de Paul ou Bossuet). Ce courant, appelé l’École française ou bérullienne, alors dominant dans le catholicisme, est né dans ce que l’on a appelé le Grand siècle de l’âme et a imprimé sa force jusqu’au milieu du XXe. Il est centré sur la personne de Jésus, sur la méditation  et l’acquisition  d’une expérience personnelle et intime. Les textes de Jean y étaient centraux et la rencontre avec la Samaritaine, une référence importante, de nombreuses fois commentée.

À Saint-Merry, le tableau de Noël Coypel ( 1683) – toujours en restauration – reprend les codes communs, quoique déclinés différemment par les artistes, et illustre le texte évangélique : un paysage, avec des arbres ; un puits – celui de Jacob qui est lui même à l’origine d’une belle iconographie- et sa margelle ; un Jésus, doux et empathique assis de profil, la main droite appuyée sur le puits et la main gauche levée avec un index désignant le ciel, mais ici sur son cœur ; la femme, debout, de profil, avec son récipient ; des mains frémissantes tournées vers la terre ou le ciel pour exprimer l’émotion ; un beau visage stupéfait par les vérités prononcées par l’inconnu et l’inversion du sens du mot eau, de l’eau matérielle à la parole ; l’arrivée des disciples. Tout y est.

La Samaritaine est un « bon thème » en art religieux. Sans nul doute, le texte de Jean favorise la catéchèse et génère l’image. Il a donc été largement commenté (par des clercs ou des historiens de l’art parfois sur un mode brillant et passionnant). Récemment, la vidéo l’a même investi ; ainsi la présentation de la Samaritaine d’Étienne Parocel , ou, sur le mode du cartoon, drôle et catéchétique, la découverte du vitrail de Strasbourg. (Voir vidéos sur le site “Catéchèse et Catéchuménat”)

Garouste vers la Samaritaine, en passant par Kafka et la Kabbale

« Correspondances », l’exposition de la galerie Templon, est très particulière puisqu’elle a deux auteurs appartenant à des disciplines différentes. Elle est le produit de la rencontre entre un peintre et un philosophe, la signature d’un long compagnonnage d’études entre un disciple et un maître qui, en théorie, apprend aussi de son disciple dans l’esprit de la Kabbale : l’H’avrouta. Traditionnellement utilisée dans l’étude du Talmud, cette pratique a été ici appliquée aux textes de Franz Kafka.

Cette expérience décrite par les deux amis comme dansante, jubilatoire – comme le suggère le tableau ci-contre “H’avrouta (la martre et Pinocchio” -, est une pensée de l’égarement, où l’on ne cherche rien à priori, mais où on se laisse guider par un texte, l’association d’idées, le débat d’interprétation, chacun laissant des traces de ce qui a été étudié ensemble. C’est une méthode ouverte d’accès à la connaissance fondée sur le croisement des textes et l’amour pour les « fractures » de mots. Les deux amis étaient déjà auparavant attirés par les écrits de l’auteur tchèque, juif, qui s’étant formé à la Kabbale en avait transféré le sens du récit et de la fable dans ses nouvelles et romans.

Durant ce travail, l’attention du philosophe Marc-Alain Ouaknin a été attirée par l’existence de deux mots associés de multiples manières : Alt (Vieux), Neu (Nouveau), notamment dans le nom de la synagogue praguoise Alt-Neu. Il élabora alors un concept opératoire « Alt-Neu-Kunst », « l’art ancien-nouveau ». Ici le terme art déborde largement les questions esthétiques puisqu’il sert à questionner le lien entre les êtres, les choses, à déconstruire les attitudes face au temps de la recherche et du savoir. Cet outil est une dialectique, « un art divin du divan », comme le dit le philosophe qui lit les textes en faisant siens les propos de Walter Benjamin décrivant les passages et les rues de Paris  « où le passé entre en résonance, le temps d’un éclair, avec le présent pour former avec lui une constellation[3]

Gérard Garouste, lui, ne s’est pas contenté d’illustrer les propos du philosophe et a contribué, en disciple, à ce dialogue en travaillant sa peinture figurative avec la même méthode. Le résultat est éblouissant par les couleurs et les formes, mais énigmatique ; c’est une suite de récits et de fables de diverses époques, empruntés à la Torah, au Talmud, à Kafka, aux auteurs juifs, à des œuvres de grands maîtres. Tout est mis en correspondance. La vingtaine de tableaux est à prendre non pas seulement comme des images à décrypter, mais comme autant d’invitations faites au spectateur de poursuivre par lui-même ses questionnements, c’est-à-dire d’interpréter de manière infinie ; comme s’il était dans une maison d’étude du Talmud et s’imprégnait de l’expérience de la Kabbale dans le champ visuel.

Les trois images de la Samaritaine sont particulièrement significatives.

La première est archaïque, « proto-Samaritaine », puisque le titre  ne la mentionne même pas. Et pourtant elle est bien là, dans un jeu de mots visuel. Une représentation de H’avrouta, mêlant le très ancien, sans âge, et l’actuel.

Gérard Garouste. Alt-Neu-Shul sur le Pont-Neuf, 2020

Le titre  intrigue : « Alt-Neu-Shul sur le Pont-Neuf ». Shul, terme yiddish, ancien et affectueux, pour désigner la synagogue ; dérivé de l’allemand die Schule, il rappelle qu’il existe au minimum deux pièces, l’une pour les offices religieux et l’autre pour étudier. Ce tableau invente ainsi un nouveau cadre de Yeshiva, la salle d’étude, mais simule peut être aussi une H’arouta, incrustée dans la H’avrouta vécue ensemble par Gérard Garouste et Marc-Alain Ouaknin. Elle est très ancienne, si l’on observe les figures.

La Samaritaine : elle est à la fois absente, sous ses traits habituels, mais aussi bien présente au travers du Pont-Neuf de Paris, le plus vieux pont de la ville qui relie deux rives, deux personnages, deux styles du peintre et des temporalités lointaines.

Cet édifice a supporté, sous Henri IV, la première machine élévatrice d’eau de Paris,  destinée aux palais du Louvre et du jardin des Tuileries à proximité. Le petit bâtiment sur pilotis, devant la deuxième arche, était décoré d’une sculpture représentant la rencontre entre Jésus et la Samaritaine au Puits de Jacob, il fut détruit en 1813[4]. Aussi le magasin a cristallisé la mémoire du lieu et s’est appelé la Samaritaine.

Le tableau est réduit à deux couleurs pour tout exprimer. Rouges sont : le pont ; la femme, avec son buste et son unique bras, mais à l’oreille de profil, décollée, signe de l’écoute ; l’homme en géant, avec des mains à six doigts, des habits de mendiant ( ?), un Jésus au visage de prophète ( ?), comme dans le médaillon de la cathédrale de Strasbourg mais en plus hirsute,  tourné vers la femme pour lui parler, peut-être une allusion au rabbin Chouchani de la même génération que Kafka, qui termina sa vie dans l’errance. Le bâtiment, lui, est une allusion claire à la pompe, toute en imagination et non une description, la pompe n’est pas située au bon endroit (elle était placée non pas au milieu du pont mais devant la deuxième arche) ; les arbres aussi noueux que l’homme.

Bleu est l’eau tumultueuse, qui se déverse tel un déluge bruyant (référence au niveau sonore des yésivas peut-être) fusionnant avec le ciel.

L’eau est centrale plus que dans tout autre tableau de Samaritaine. L’écoute, la parole prennent une grande dimension, comme elles le sont dans le texte de Jean, mais, ici, de manière débordante.

Garouste peint une version du  Alt-Neu –Kunst  et donne des racines lointaines à  cette Samaritaine, antérieures au Nouveau Testament.

 Marc-Alain Ouaknin, lui, écrit : «  Le Alt-Neu –Kunst est une archéologie du savoir. Archéologie dynamique qui va du présent au passé mais qui revient vers le futur ensemencée de nouvelles forces originaires. […] Le Alt-Neu –Kunst  est à la fois « divan » et fauteuil. » […] La samaritaine arrive et s’allonge… »  Catalogue p. 85

Les Samaritaines, avec margelle

Les deux autres représentations peintes de la Samaritaine sont plus proches du texte de Jean et reprennent  quelques éléments de l’iconographie traditionnelle : le puits, Jésus, la Samaritaine. Le peintre en supprime et en rajoute d’autres. Ces deux tableaux sont plus précis que le précédent et portent d’autres interprétations.

La Samaritaine et Jésus

Gérard Garouste. La Samaritaine et Jésus. 2020

La femme a les traits d’un modèle que l’on rencontre régulièrement chez l’artiste. Son Jésus ressemble au précédent (« Seigneur, je vois que tu es un prophète !… Jean 4, 19), mais s’il a bien quatre membres, ce sont trois jambes et un bras ! L’artiste en fait un homme très particulier…

La femme a les vêtements de la séductrice (elle a eu cinq maris selon le texte) et ne regarde pas son interlocuteur. Est-elle furieuse de la vérité qu’il dit sur elle ?

Son Jésus colle au texte doublement car,  simultanément, il quémande de l’eau avec ses mains et son visage en anamorphose (« Donne-moi à boire », Jean 4, 7), mais il sort aussi du puits  et a donc les attributs symboliques de l’eau, que l’on puise, et qu’il affirme donner : « Celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif » (Jean 4, 14).

L’entourage de la scène est vide. Garouste se concentre sur l’échange des paroles. Le mouvement des personnages et des vêtements donne forme à cette dynamique.

La martre, la Samaritaine et Jésus

Gérard Garouste, La martre, la Samaritaine et Jésus, 2020

Changement d’attitude des deux personnages,  toujours des modèles familiers du peintre. Deux styles se superposent : celui poétique du jardin, avec les arbres, la margelle et même des fleurs rappelant le gothique international. Celui de ses personnages, dont les corps sont torsadés, mais qui, ici, se regardent et se parlent. Le dessin de Jésus est fait de torsades de corps comme dans une autre œuvre, « le Talmudiste », comme si Jésus en était déjà un… L’artiste y a superposé de grandes stries noires exprimant le mouvement. Chacun pourra interpréter comme il le veut le jeu des regards des deux protagonistes qui sont dans une joute verbale et/ou la séduction. Mais, deux détails introduisent à d’autres symboliques :

• Sur la margelle se trouvent deux récipients : l’un appartient à la Samaritaine, l’autre à Jésus. Destinés à échanger de l’eau, ils  sont différents dans la forme, ils représentent l’enjeu symbolique du malentendu, le prosaïque / le spirituel, le jeu du nouvel échange qui se produit.

• L’animal du jardin désigné comme martre ressemble bien plus à un écureuil : roux, et non brun, sans bavette blanche. Toute l’œuvre de Kafka est pleine d’un monde animalier très important, car il est le véhicule de significations autobiographiques.

C’est ainsi que dans un de ses récits « Dans notre synagogue »  vit un animal de la taille d’une martre[5], tandis que Marc-Alain Ouaknin a mené une longue recherche sur la place de l’écureuil [6] dans Kafka et la Kabbale, et que Garouste a rassemblé les deux animaux dans les portraits de Kafka et du rabbin Chouchani.

En conclusion

Les Samaritaines de Garouste sont étonnamment nombreuses dans cette exposition centrée sur la lecture de Kafka. Elles évoquent avant tout l’échange entre un homme et une femme, un débat contradictoire sur la signification de l’eau, comme dans une H’avrouta talmudique. Garouste y joue son rôle de peintre : il interprète.

Ses œuvres, de factures différentes des représentations de la tradition chrétienne, sont dans la continuité du projet  de l’artiste : accéder à la connaissance par une peinture en pleine évolution, incluant plus d’abstraction dans son figuratif. Cela n’a rien à voir avec le projet théologique de  l’évangéliste Jean.

Ses œuvres ne sont pas “dans les codes”, mais laissent le visiteur sur un questionnement jubilatoire, qui peut ainsi vivre les effets d’une expérience collatérale de H’avrouta.

Jean Deuzèmes

Exposition 25 mars-19 juin, 28 rue du Grenier Saint-Lazare

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[2]  Saint-Merry : Jésus et la Samaritaine par Noël Coypel, vers 1683, est un tableau provenant de l’église des Chartreux​.

[3] Catalogue p.84

[4] Et s’il faut aller plus loin dans le jeu des liens historiques, ce bâtiment faisait lui-même  référence à une chapelle construite à côté d’un puits,  à proximité sur la rive droite, dédiée  à la Samaritaine.

[5] « Une bête, une martre ou de la taille d’une martre, c’est ainsi que Kafka la figure, vit depuis longtemps dans une synagogue pauvre que ne fréquente plus qu’une communauté vieillissante et tièdement pieuse. Tiédeur qu’on est tenté d’interpréter comme le résultat de l’assimilation subreptice de la communauté. « Assimilation » pouvant être ici entendu comme analogue ou succédané de l’émancipation, au sens de la taupe hégélo-marxienne. À moins qu’il ne faille l’entendre en sens contraire – en un sens de signe contraire –, comme analogue de la normalisation » selon l’interprétation de Marthe Robert, la traductrice https://journals.openedition.org/cps/1960

[6] La traduction allemande du qualificatif de la queue de l’écureuil doit  être rapprochée du buisson ardent de Moïse, l’écureuil casse les noix comme les kabbalistes cassent les mots.

  1. Marie-Josephine says:

    Merci pour ce très bel article qui permet d’entrer dans l’univers étrange de Garouste.
    Marie-Joséphine

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