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Le prêtre ? L’Église ? Questions de départ piégées…

« Vouloir poser la question du prêtre au départ de notre recherche pour parler d’ecclésiologie me paraît une fausse piste voire une impasse.
De même pour l’Église, n’en avons-nous pas fait Dieu sur terre ? ».
Par Jean-Luc Lecat

Ce qui est premier, me semble-t-il, ce sont des hommes et des femmes qui évoquent un certain Jésus qu’ils disent vivant, qui prétendent se mettre à son écoute et qui ont envie de parler et de vivre de lui au plein milieu de nos contemporains.

Ce qui me semble importer avant tout, c’est la vie de ces personnes-là, ce qu’elles disent, la façon qu’elles ont de se réunir et de vivre et la façon dont elles s’éclatent vers d’autres horizons.

Ce qui importe, ce qui peut être source de vie pour nous aujourd’hui c’est la façon de réagir et de vivre de Paul face à son expérience sur le chemin de Damas, c’est la fougue de Pierre et ses lâchetés, c’est la Samaritaine au puits et dans son village, c’est la femme surprise en adultère et jetée aux pieds de Jésus… ce sont tous ces êtres de chair et d’os qui croisent Jésus… et qui ainsi nous le donnent !

Ce qui est fondamental, ce sont ces multitudes, au fil des siècles, pour qui Jésus veut dire quelque chose, tous ces humains qui ont laissé vivre en eux une parole de ce Jésus, tous ceux qui ont laissé l’Esprit jaillir en eux.

L’important ce sont tous ces cheminements de foi, de reprise, d’enthousiasmes, de reniements au fil des siècles.
L’important c’est ce peuple qui marche cahin-caha ne cessant de se référer à Jésus, à sa parole, à sa vie. Pour moi c’est cela l’Église.

Mais de “saints hommes” des temps anciens, et jusqu’à notre temps le plus récent – par amour ou par volonté de puissance ou les deux à la fois – ont voulu prendre en main les choses.
Face à tous ces gens, dispersés et peu organisés, certains ont senti de leur responsabilité de vouloir organiser, donner des structures pour que ça marche bien, veiller aussi aux paroles pour qu’il ne soit pas dit de bêtises sur Jésus, veiller sur les vies pour qu’elles correspondent le mieux possible aux paroles de Jésus… et à ce qui leur paraît être approprié à l’époque !

Bref, et bien sûr en schématisant, on a voulu faire une organisation qui marche, fidèle aux dires de Jésus tels qu’on les percevait à une époque donnée, et on a appelé cela l’Église. Et cette Église organisée est devenue presque une idole, une structure très construite avec une hiérarchie s’étant donné autorité et une base soumise, une discipline, des ordres, des dogmes et des interdits…

Au cours des siècles cette structure a accompli des œuvres merveilleuses et d’autres terriblement discutables, mais le piège c’est que l’Église est devenue le centre, la structure est devenue complètement essentielle et intouchable, la hiérarchie, maitresse de vérité et de conduite face à la base, ce pauvre peuple, si peu responsable et donc à éduquer et conduire… les clercs face au peuple… le cléricalisme accompli : la hiérarchie dans ses évêques et prêtres gardant la haute main sur la dispensation des dons de Dieu, et même sur qui est Dieu ! Et cela, bien souvent, avec, chez la majorité des acteurs, les meilleures intentions du monde et souvent une très grande générosité !

Pour moi, c’est d’abord le peuple qui marche qui est important, c’est cela l’Église.
Et c’est celle-là qui est appelée
à continuer de vivre.

Saint-Merry Hors-les-Murs est une parcelle de ce peuple, et se trouve appelé à s’organiser pour vivre le mieux possible en lien avec Jésus, insérés que nous sommes dans ce monde dans lequel nous vivons, en lien les uns avec les autres.

Alors, quelle organisation se donner pour ce temps, en ce lieu, et dans les conditions qui sont les nôtres ? Sans jamais oublier que l’organisation est là pour aider le peuple à vivre, mais qu’elle n’est aucunement le but à poursuivre : l’important ça reste toujours cette marche du peuple nourri de Jésus-Christ et de sa parole au jour le jour, à l’écoute de l’Esprit vivant au plus intime de chacun.

Et ses membres ainsi vivifiés apportent leur pierre à la construction et à la vie du monde des hommes d’aujourd’hui, ce qui manifestera la réalité et le visage de l’Église en 2021, original et différent de celui d’hier comme de celui de demain.

Jean-Luc Lecat

CategoriesTribune
  1. JUILLIARD Henri says:

    Superbe ouverture.
    et ne pourrait on pas introduire une réflexion sur les Evangéliques, qui se reclament aussi du Christ, mais…autrement!
    Henri J

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