Le nomade, habitant du désert, est toujours en marche, ses pas font un tissage sur le sol qu’il trace avec sa tribu. Les haltes : un temps où l’on se désaltère, un temps de nourriture pour le troupeau, un temps de sommeil nécessaire pour reprendre le chemin. Repartir ailleurs, n’est pas fuir. Il n’est jamais seul,  le nomade. Ses rencontres sont dans son cœur, dans son regard, dans sa marche vers l’eau qui rassemble.  Aujourd’hui, nous autres « gens du hors les murs », sommes dans le nomadisme en recherche d’oasis, de perchoirs, dans un désir de grande fraternité entre nous et vers ailleurs. Tisser suppose rencontrer l’autre. Les fils que nous sommes, sont de toutes sortes, épais, doux, rugueux, fragiles et certains, plutôt costauds,  malgré leur apparence. Chatoyants et de toutes les couleurs, ils sont appelés à traverser la trame, mais jamais seuls, car le Souffle de l’Esprit de Dieu les accompagne, fait la navette  en franchissant un univers de barrières, la lisse. Un temps au-dessus, un temps au-dessous. Le fil avance. À ses côtés, un fil à droite, un fil à gauche, ils se voient, se découvrent différents. Parfois des ratés, un nœud qui bloque tout ou bien le fil se casse. Ce sera alors le réajustement, en reconnaissant sa fragilité, et surtout le bonheur que tout puisse repartir. Dans cette aventure, chacun garde sa personnalité, toujours à la place que Dieu lui a donnée. Merveille ! C’est ici et maintenant qu’on peut tisser la nappe fraternelle de l’humanité. Une aurore.

Jacqueline Casaubon

Billet du dimanche 6 juin 2021

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  1. Victoraye says:

    Voilà un texte qui parle, et qui peut servir dans de si nombreuses circonstances que nous sommes amenés a vivre dans les domaines professionnels, familiaux, associatifs.. et dans nos communautés d’Eglises.
    En témoigner comme vous le faites de manière concrète, située en temps et lieu nommés, me semble oeuvre d’évangélisation, de témoignage, compte tenu des termes employés et surtout du contexte (du reéel) évoqué, dans le style de l’évangile.
    Merci

  2. Michel Gosset says:

    « Donner sa vie
    C’est aussi tisser la trame la plus humble
    et la plus banale de nos vies quotidiennes…
    Donner sa vie
    C’est se laisser habiter, transformer, convertir
    Par l’autre
    Par les autres… »
    Paul Baudiquey.

  3. Jean Verrier says:

    « Tissage »: c’est un très beau billet, Jacqueline, que tu as tissé là. Je l’ai fait suivre à nos amis de la Maison islamo-chrétienne pour leur atelier « Métissages ». Jean

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