Église rêvée, Église réelle. Le travail de l’atelier Ecclésiologie

Suite à notre deuxième rencontre, chacun a pu adresser sa contribution écrite pour répondre à ces deux questions : Qu’entendons-nous par « communauté ecclésiale » ? Quel rôle y tient la liturgie ? Les éléments de réponses se sont avérés très riches et variés – en partant de l’étymologie pour l’une, des mots de Jacques Ellul pour un autre ; un endroit, occasion de rencontres improbables, où nous mettons en commun nos diversités, pour les-uns ; ou encore un lieu où chacun est invité à s’abreuver à la source, à partager la Parole puis le repas du Seigneur avant d’être mis dehors pour agir autour de nous, pour s’engager dans la cité, pour d’autres encore. Le débat qui a suivi a pu largement approfondir ce partage, et a introduit une troisième dimension, celle de l’institution, avec cette conclusion provisoire, à méditer : l’Église dont nous rêvons ne doit pas nous couper de l’Église réelle.

La dernière réunion plénière a également permis d’évoquer la communauté de la chapelle Saint-Bernard de Montparnasse, son passé, son présent, son avenir, à partir du regard d’un témoin privilégié, Jean-Claude Devèze.

L’une de nos prochaines rencontres en grand groupe devrait nous permettre, grâce aux liens entretenus par Lucie et Dominique Pannier au sein du Comité central des catholiques allemands (ZdK) – qui n’a pas d’équivalent en France -, de regarder de plus près les travaux du processus synodal de l’Église catholique en Allemagne. Pour ceux que cela intéresse, une soirée synodalité est proposée le 11 juin en visioconférence par la CCBL : « Exercer la synodalité, le chemin synodal allemand et le projet sur la gouvernance de l’Eglise d’Australie », à laquelle vous pouvez vous inscrire à baptisesdelyon@gmail.com.

Par ailleurs, trois sous-groupes vont bientôt commencer à travailler au sein de notre atelier Ecclésiologie de Saint-Merry Hors-les-Murs:

  • « Laïcité, religion, sacré, autorité, à la lumière de l’Évangile » (animé par Marguerite Champeaux-Rousselot)

Quatre notions reliées, qui sont à la racine de certaines des difficultés de notre Église dans nos sociétés et entre ses membres. Le projet serait de regarder dans les Évangiles ce que les gens qui ont connu Jésus se rappelaient de son « comment penser/faire » vis-à-vis, par exemple, de la loi ou du sacré. Ces questions se posaient déjà à l’époque de Jésus et les Évangiles le montrent en train de faire des choix, de se libérer de ce qu’il a compris comme autant d’obstacles pour l’annonce du Royaume de Dieu. Par exemple, il fait appel à la confiance, à l’obéissance, ou à la liberté de conscience au nom de certains critères, explicites ou implicites. C’est ainsi qu’il annonce une Bonne Nouvelle à tous. L’observer nous enseignera comment transposer cette attitude à notre époque, comment vivre aujourd’hui du même esprit. Nous réfléchirons à partir de quelques thèmes choisis par les participants.

  • « L’avenir de l’Église en partant de la réflexion de Joseph Moingt » (animé par Jean-Claude Thomas)

Cet éminent théologien a toujours été guidé par le souci de l’avenir, notamment de l’avenir de l’Église. Son œuvre est marquée par un va-et-vient permanent entre l’origine et l’aujourd’hui. Elle se nourrit d’une connaissance approfondie des textes originels, tout autant que d’une histoire où abondent les contrastes et les ruptures. Invitant à une foi critique et à une espérance pleine de discernement, Joseph Moingt formule des propositions qui peuvent paraître révolutionnaires à certains mais qui sont toutes guidées par le même souci de l’avenir et fondées dans une tradition considérée, non comme un legs intangible mais comme un réservoir où nous sommes invités à puiser.

  • « L’Église-institution : obstacle et chemin vers Dieu » (animé par Olivier Coutor)

En partant du titre d’un colloque du Centre Sèvres, il sera proposé d’examiner ensemble comment l’Église se pense depuis Vatican II, comment elle essaie de faire face à la crise des institutions qui l’affecte particulièrement, et comment François pense son avenir en revisitant la notion de synodalité. Nous pourrons également explorer, si des personnes sont intéressées par le sujet, la réflexion de Christoph Theobald sur une nouvelle figure d’Église qui soit ajustée à sa mission. La méthode retenue visera à permettre à chacun de contribuer activement à la réflexion collective.

Pour y participer, ou pour tout autre renseignement sur l’atelier Ecclésiologie de Saint-Merry Hors-les-Murs : groupe-ecclesiologie@saintmerry-hors-les-murs.com)

Blandine Ayoub (avec le support logistique des comptes-rendus d’Olivier)

Blandine Ayoub

Née au moment du Concile Vatican II, elle est impliquée depuis près de 40 ans dans la communauté de Saint-Merry, tout en cultivant un tropisme bénédictin, grâce à son père moine de la Pierre-Qui-Vire. Par son mariage avec un Alepin, elle a également adopté la Syrie comme deuxième patrie. Elle est responsable d’un centre de ressources documentaires dans un centre de formation professionnelle de la filière éducative et sociale.

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