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Adieu à notre ami Jacques Jouvie

Quelques membres de Saint-Merry Hors-les-Murs, Isabelle, Geneviève, Bernard, Jean-Luc, Marie-José et Hélène, se sont retrouvés jeudi 22 décembre dernier en l’église Saint-Etienne de Brie-Comte-Robert pour dire adieu à Jacques Jouvie, né le 16 juillet 1928, et emporté durant la nuit du 18 au 19 décembre dernier par une infection pulmonaire. Une messe toute simple, avec juste “Jésus que ma joie demeure” pour ouvrir et pour clore ce temps de prière. Pas une messe de “funérailles”, mais la messe du jour, selon la volonté de Jacques, avec les textes du jour (Sam 1, 24-28 ; Luc 1, 46-56, c’est-à-dire le Magnificat). Nos amis ont pu parler avec sa belle-fille, qui l’avait accompagné récemment à Notre-Dame d’Espérance, et chez qui il a passé ses derniers mois.

Après la célébration, Isabelle et Geneviève sont allées au cimetière avec les proches et la famille de Jacques, notamment ses cinq enfants et leurs conjoints, ses quinze petits-enfants et leurs conjoints, et ses cinq arrière-petits-enfants : bénédictions, prières et des dessins d’enfants sur le cercueil ; la communauté de Saint-Merry était aussi présente grâce aux messages d’Éliane et de Martine (ci-dessous). Isabelle et Geneviève ont ensuite rejoint la famille autour d’un buffet, chez Bruno et Myriam, et découvert et approfondi combien elle était chaleureuse, vivante, choisissant de vivre « sa peine, dans la prière et l’espérance ».

Quelques témoignages

Profonde tristesse, mais immense gratitude pour tout ce que Jacques nous a donné, partagé, personnellement et avec Jeannette.
Leur attachement à Gérard et leur proximité géographique de la foire du Trône les ont fait venir, pendant une dizaine d’années, aux messes hebdomadaires au bungalow de l’aumônerie, en plus des messes annuelles de la foire. Jacques commentait presque toujours le texte d’Évangile, après ou avant Gérard ou l’un ou l’autre d’entre nous. Après la messe, notre pique-nique s’enrichissait du pain, du vin…, du fromage et de douceurs portés par Jacques, qui avait fait les courses !
Que de souvenirs partagés (péniche du cœur, service en Algérie comme médecin, scoutisme…). Des moments de profonde communion. Merci Jacques !

Eliane B.

Nous arrivons un jour, puis un autre, nous partons. Ainsi va la vie des Hommes. Ainsi fut celle de notre cher Jacques Jouvie comme a été celle de Jeannette et comme sera la nôtre. Mais quand cette vie a été comme fut la leur, si bien reçue et si bien donnée, si bien partagée, tout est accompli. Tout est grâce.
Que de don de soi chez ces deux-là, en même temps que d’humilité ! Que d’amour du prochain et de bienveillance ! Que de générosité et de désintéressement ! Jacques me faisait penser à ces médecins de campagne que les plus pauvres payaient quand ils pouvaient, comme ils pouvaient, de quelques légumes, au mieux d’un poulet ou d’un morceau de cochon. Et Jeanne faisait avec. Elle grognait parfois un peu, ce n’était pas toujours si simple, mais elle faisait avec.
Elle fit avec aussi quand il servit comme médecin pendant la guerre d’Algérie.
Comme j’aimais Jeannette et Jacques, deux des pierres porteuses du Centre Pastoral Halles-Beaubourg. CPHB qu’ils ont toujours servi sans jamais tenter de prendre le pouvoir I Qu’ils se retrouvent et dorment en paix.

Martine R.-R.

Jours « J »

Le mardi sera toujours le Jour « J » pour moi : le jour choisi par Jacques Jouvie pour venir faire l’accueil à Saint-Merry.
Pas facile comme choix, parce que c’était le jour le plus « calme » de la semaine avec la fermeture hebdomadaire du Centre Pompidou, et par conséquent moins de passage dans les rues et peu de « visiteurs » dans l’église. Ce jour un peu désert, entre le lundi, jour du Café-Rencontre et de la préparation de la célébration du dimanche suivant, et le mercredi avec sa messe du soir ; deux jours privilégiés pour croiser quelques membres du Centre Pastoral en semaine. Mais les mardis avaient aussi leurs habitués : les personnes qui ne venaient à l’accueil que le mardi, parce que c’était justement le jour « J ».
Malgré les aléas des transports en commun, (Jacques habitait Maisons-Alfort), c’était très rare pour lui de rater « son » mardi, comme en témoignent ses observations dans les cahiers de liaison de l’accueil, semaine après semaine. Présence fidèle, discrète, à la fois chaleureuse et perspicace. Pendant des années, il fut un fin observateur, reflétant ce qui se passait à Saint-Merry en général et à l’accueil en particulier, non sans un brin d’humour (un peu britannique sur les bords !).
Mais il n’y avait pas que mardi comme jour « J » : les dimanches aussi, on voyait Jacques et Jeannette s’installer régulièrement à la table d’accueil pendant la célébration, heureux d’être au service en donnant ce visage humain à la mission d’accueil confiée à notre communauté.
Vive les jours « J » et longues et heureuses mémoires de Jacques et Jeannette.

Joséphine de L.

Il y aurait tant à dire sur Jacques, que je vais juste évoquer quelques images en vrac.

  • D’abord, Jacques à la table de l’accueil, dans l’église Saint-Merry, souvent avec Jeannette le dimanche.
  • Jacques décomposé, un soir d’hiver où je lui succédais à l’accueil en une période où nous devions affronter de nombreux trafics de drogues dans le quartier et dans l’église, et où un jeune l’avait piqué exprès avec sa seringue en lui promettant le sida. Bouleversé par une certaine angoisse, (levée après les tests d’usage), mais surtout de tristesse devant le mélange d’agressivité et de détresse de ce jeune, alors que Jacques n’était lui-même qu’amour et empathie.
  • Jacques dans tous ses états au moment de l’affaire Gaillot, blessé par son Église, n’arrivant plus à lâcher le micro qui circulait afin que chacun puisse réagir et s’exprimer.
  • Jacques ému, après une permanence médicale à la Péniche du cœur. Il avait dit à un passager SDF : « Bonjour monsieur, asseyez-vous », et ce dernier avait fondu en larmes en lui répondant : « Ça fait un an que personne ne m’a appelé Monsieur ».
  • Jacques au moment du baiser de paix dominical, qui attendait fidèlement ses embrassades près du même pilier, avec son bon sourire et ses yeux pétillants, et ne manquait pas de demander des nouvelles des absents.

Jacques, l’un de nos saints discrets et efficaces, qui n’ont pas besoin de canonisation officielle pour nous inspirer admiration et affection.

Blandine A.

Je nous présente mes sincères condoléances à l’occasion du décès de Jacques Jouvie. Je les présente également à sa famille biologique qui a eu le privilège de partager le quotidien de cet homme exceptionnel. Son départ nous laisse sur notre faim. Nous aurions aimé profiter de son silence pour plus d’écoute – écoute du vacarme de notre monde, de nos doutes, de nos interrogations et pourquoi pas de nos joies et espérances – afin de nous mettre davantage à l’école de Joseph, cet homme qui a accepté de se dépouiller, se faire tout petit, pour donner à l’enfant-Dieu de marcher sur nos routes. À présent qu’il rejoint sa tendre Jeannette, plaise au maître de la vie de leur accorder l’éternité bienheureuse.
Merci Seigneur pour Jacques.

José M.

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